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Les forêts, quel bilan carbone ?Les forêts nous apparaissent comme de grands réservoirs de carbone et planter des arbres est souvent associé à l’idée de stocker du CO2, mais la réalité est plus complexe. Usage du sol et stockage de carbone Le carbone stocké sur une surface donnée se compose de biomasse aérienne (la biomasse visible), de biomasse souterraine (racines, micro-organismes…) et de matière organique stockée dans le sol.
Schématiquement, ces constats se retrouvent à toutes les latitudes : les forêts et prairies naturelles ont des sols de teneur en carbone du même ordre de grandeur et nettement plus élevée que celui des terres cultivées ; les forêts, avec un stock de carbone végétal nettement plus important que les prairies, sont en général l’écosystème ayant la plus forte teneur totale en carbone. La forêt, puits de Carbone ?On appelle « puits de carbone » un réservoir qui absorbe du carbone de l’atmosphère et « source de carbone » un réservoir qui en émet. La question de l’usage des solsLa colonisation par l’Homme de la Terre s’est accompagnée de changements importants dans l’usage des sols. Une grande part des forêts anciennes a disparu et de grandes surfaces ont été cultivées.
L'état des lieux de l'usage des sols ci-dessous montre une situation inquiétante si l'on ne renverse pas la tendance et souligne la nécessité de les préserver et de les restaurer à grande échelle. ![]() ![]() Au niveau planétaire, l’enjeu de l’usage des sols, et donc des forêts est un aspect important de la lutte contre le changement climatique : les effets de la déforestation ou du boisement sont déjà pris en compte dans le protocole de Kyoto et les forêts tiennent une place importante dans les négociations pour permettre de mieux les protéger et de développer une exploitation durable. Il faut souligner que la gestion des forêts sera confrontée à la contrainte du changement climatique qui va se traduire par des modifications des températures, précipitations et événements climatiques extrêmes et donc des aires de répartitions viables pour les espèces : ainsi, en Europe, les aires de répartition devraient se déplacer vers le nord et en altitude. Certaines forêts existantes pourraient donc souffrir avec une plus forte mortalité des arbres et donc un effet « source de carbone » : la gestion forestière doit l’éviter en anticipant le changement climatique dans le choix des essences plantées (plus résistantes à la sécheresse, aux tempêtes…). L’exploitation des forêtsLorsque l’exploitation est faite de manière durable, on peut extraire du bois des forêts sans en modifier leur stock de carbone. Ce bois extrait peut avoir deux types d’utilisations :
Une stratégie forestière adaptée peut donc jouer un rôle positif face au réchauffement climatique en agissant comme un puits de carbone et en fournissant des matériaux et énergies renouvelables avec un Bilan Carbone® favorable. Perspectives pour la forêt en FranceEn France métropolitaine, la forêt est en croissance de 30 000 ha par an et présente un fort potentiel pour l’exploitation : on estime en effet que sur les 50 millions de mètres cubes de bois par an disponibles pour l’industrie et l’énergie, seuls 35 millions sont déjà utilisés, ce qui laisse 15 millions de mètres cubes de bois utilisables par an : la mobilisation de ce gisement permettrait une réduction de nos émissions de plusieurs millions de tonnes de CO2, à comparer à des émissions de 530 millions de tonnes au niveau national.
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